Oscars 2021 : la diversité est en marche avec Chloe Zhao

Chloe Zhao et d’autres représentants de la diversité ont remporté de nombreux prix lors de la 93e cérémonie des Oscars. L’industrie du cinéma devient un exemple pour d’autres secteurs économiques en matière d’égalité et d’inclusion.



Chloe Zhao au festival du film américain de Deauville en 2015. Ce portrait fait partie de ma série photo #FemmesInfluentes consacrée aux femmes influentes du cinéma en vente sur la galerie en ligne Artmajeur.


La réalisatrice chinoise Chloe Zhao a été la grande gagnante de la cérémonie des Oscars 2021 qui s’est tenue dimanche dernier, remportant à la fois les Oscars de meilleure réalisatrice et de meilleur film pour Nomadland, drame sur Fern, une sexagénaire, licenciée, décide de vivre de façon nomade dans l’Ouest américain avec sa camionnette. Fern est incarnée par Frances McDormand, qui remporte l’Oscar de la meilleure actrice.

C’est seulement la 2e femme après Kathryn Bigelow en 2010 pour Démineurs, en 93 éditions de cette remise de prix hollywoodienne, qui a lieu depuis 1929, à remporter l’oscar du meilleur réalisateur. Pour la première fois, deux femmes étaient dans la liste des nominés dans cette catégorie, la seconde, la réalisatrice britannique Emerald Fennell remportant au final l’Oscar du meilleur scénario pour son film Promising Young Woman.


Le discours simple et bon de Chloe Zhao

J’ai été frappée par le discours de remise des prix de Chloe Zhao, sobre et rapide, centré sur un poème chinois qui partage la vision rousseauiste de la nature humaine : « les personnes à la naissance, sont entièrement bonnes. Cette phrase a eu un grand impact sur moi enfant. Et j’y crois encore vraiment aujourd’hui. Même si parfois il semblerait que l’opposé soit vrai, j’ai toujours trouvé de la bonté dans les gens que j’ai rencontrés partout dans le monde. Cette statuette est pour toutes celles et ceux qui ont la foi et le courage de tenir à la bonté en elles et de tenir à la bonté qu'ils et elles trouvent chez les autres, quelle que soit la difficulté de le faire. C'est vous qui m'inspirez pour continuer à avancer. »

Elle ajoute en conférence de presse : « J’ai eu la chance de travailler en faisant ce que j’aime faire, et si cette victoire aide plus de personnes comme moi à vivre leurs rêves, j’en suis très reconnaissante. » J’avais eu le plaisir de la voir présenter au festival du film américain de Deauville 2015 son premier film, Les chansons que mes frères m'ont apprises, film que j’avais adoré, et très apprécié son second film, The Rider, au même festival en 2017. La liberté de vivre selon son élan intérieur malgré les accidents de la vie guide les thème choisis dans ses films. Elle est partie de Chine à 15 ans et a réalisé tous ces films aux Etats-Unis.


Le cinéma évolue positivement

Le mouvement #MeToo avait ébranlé les fondations conservatrices du système en place dans le cinéma américain. Désormais, la féminisation et la diversité sont en marche ; la couleur de peau, l’âge, le sexe, l’origine ethnique sont moins les facteurs discriminants qu’ils étaient auparavant. Pour la première fois, une actrice coréenne remporte un Oscar, celui de la meilleure actrice dans un second rôle : Yoon Yeo-jeong pour Minari du réalisateur coréano-américain Lee Isaac Chung. L’acteur britannique Daniel Kaluuya remporte l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle de militant afro-américain dans Judas and the Black Messiah. Le blues de Ma Rainey, biopic de George C. Wolfe sur la chanteuse de blues éponyme, incarnée par Viola Davis, remporte les Oscars des meilleurs maquillage et coiffure (pour Mia Neal, Jamika Wilson, ainsi que Sergio Lopez-Rivera) et de meilleure création de costumes pour Ann Roth.


Cet élan devrait se propager

La place prise par la diversité dans les castings est désormais un positionnement affiché de grandes entreprises de l’industrie audiovisuelle, comme on peut le voir notamment dans de nombreuses séries et films produits et diffusés par Netflix. J’ai bon espoir que, par la médiatisation et l’influence du cinéma et des séries, que cet élan pour la diversité et l’inclusion se diffuse dans d’autres secteurs de l’économie.


Christine Calais