Pour le décollage des femmes astronautes


Alors que la capsule Space X qui est lancée aujourd’hui est pilotée par l’astronaute Megan Mc Arthur, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) dans son appel à candidatures actuel, appelle à plus de diversité et de femmes dans son recrutement.


Les astronautes Thomas Pesquet, Megan MacArthur, Shane Kimbrough et Aki Hoshide (de g.à d.) . Photo ESA- S.Corvaja


Aujourd’hui décolle à 11h49 la capsule SpaceX, avec à son bord, l’astronaute français de 43 ans Thomas Pesquet, comme tous les médias français le mettent en avant. Ils restent plus discrets sur le fait que c’est l’astronaute américaine Megan Mc Arthur qui pilotera la capsule.


Les femmes, aussi invisibles dans l’espace que la face cachée de la Lune ?


Car au-delà de cette différence de traitement médiatique en France, c’est la conquête de l’espace dans son ensemble qui donne peu de visibilité aux femmes. On se souvient du très beau film sorti en 2016 Les figures de l’ombre, qui révèle un fait peu connu : ce sont trois femmes qui ont réalisé les calculs de trajectoire aux débuts de la NASA, Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson.


10% de femmes parmi les astronautes


En 2019 on ne comptait que 56 femmes astronautes sur 564, dont la moitié d’américaines. L’astronaute John Glenn expliquait en 1962 « Les femmes sont absentes dans ce domaine. C'est un fait. Cela est dû à notre ordre social. » L’aviatrice américaine, détentrice de plusieurs records mondiaux Jerrie Cobb explique en 1963 les avantages des femmes : « Les femmes résistent mieux et plus longtemps que les hommes à la souffrance, à la chaleur, au froid, à la monotonie et à la solitude [...] elles pèsent moins lourd, mangent moins et consomment moins d’oxygène ». Jerrie Cobb qui a passé avec succès les tests pour être astronaute dans le cadre du projet Mercury 13, mais ne l’est pas devenue, notamment car elle n’était pas ingénieure. Ce n’est qu’en 1983 qu’une Américaine ira dans l’espace, l’astrophysicienne Sally Ride, 20 ans après la russe Valentina Terechkova. Elle est la 3e femme, la russe Svetlana Savitskaïa ayant été la seconde cosmonaute féminine à faire de même, en 1982.


Le plafond de verre existe aussi dans l’espace


Certes, les mentalités ont - un peu - évolué. Mais plusieurs facteurs, comme, dans le milieu très compétitif des astronautes le sexisme plus ou moins latent et la crainte de certains hommes de se voir piquer leur place, ou encore le peu de femmes modèles en sciences, n’incitent ni les jeunes filles à travailler dans les sciences dures, indispensables pour répondre aux appels à astronautes, ni les femmes à postuler.

Ainsi, la proportion de femmes en 2008 parmi les candidates à l’appel européen était à peine plus élevée qu’en 1985 (10%), quand la scientifique française Claudie Haigneré est devenue astronaute.


L’ESA veut plus de diversité et de femmes parmi les prochains astronautes


Aussi l’Agence Spatiale Européenne (ESA) montre sa volonté d’avoir plus de femmes et de profils diversifiés dans son appel à candidatures actuel, le premier depuis 11 ans. « Représenter toutes les parties de notre société est une préoccupation que nous prenons très au sérieux, déclare David Parker, Directeur de l’Exploration humaine et robotique à l’ESA. La diversité au sein de l’ESA ne doit pas seulement tenir compte de l’origine, de l’âge, des antécédents ou du sexe de nos astronautes, mais peut-être aussi des handicaps physiques. Pour faire de ce rêve une réalité, parallèlement au recrutement des astronautes, je lance le projet de faisabilité des parastronautes - une innovation dont l’heure est venue. »

Pour candidater, futurs astronautes, parastronautes, c’est par ici. Yes, you can ! Faisons décoller les femmes et la diversité dans l'espace !


Christine Calais