Role models : donner envie

Les role models féminins sont des exemples qui permettent aux femmes de se projeter, dans les sphères sportive, culturelle, professionnelle et politique.


Barbara Krejcikova, Kristina Mladenovic et Carla Suarez-Navarro (de g. à d.).


Les role models féminins sont importants pour faire progresser l’égalité femmes-hommes, alors que la plupart des modèles que l’on nous présente depuis notre plus tendre enfance. Les role models ne sont ni des héroïnes, ni des modèles moraux. Elles sont des femmes inspirantes par leurs accomplissements pour toutes et tous, quel que soit notre âge. Elles incarnent des valeurs, mobilisent les individus quel que soit leur sexe. Elles sont donc influentes par leurs actions et par l’apprentissage lié, auprès des femmes mais aussi des hommes qui voient ces femmes douées dans ce qu’elles font, et puissantes par leur capacité d’influence. Une culture plus égalitaire en découle. Notre cerveau étant câblé pour l’apprentissage par imitation, elles sont indispensables pour se projeter dans la sphère où nous avons envie de progresser.


Les valeurs sportives

Dans le sport, elles motivent les jeunes filles pour progresser, voire atteindre le haut niveau. L’exemple des joueuses de tennis, alors que le tournoi de Roland-Garros en arrive au week-end des finales, est frappant.

La tchèque Barbara Krejkociva joue la finale de simple dames cet après-midi, ainsi que la finale de double dames. Elle est remarquable par son mental et son sens tactique.

La Française Kristina Mladenovic, qui compte cinq titres du Grand Chelem en double dames dont trois à Roland-Garros, et deux titres du Grand Chelem en double mixte fait partie de mes role models et l’est pour beaucoup d’autres joueurs et joueuses de tennis.

Mention spéciale à Carla Suárez-Navarro, ancienne 6e joueuse mondiale. L’Espagnole devait prendre sa retraite sportive l’année dernière quand on lui annonce un cancer du système lymphatique. Elle s’est battu depuis septembre contre la maladie. Elle est revenue sur le terrain à Roland-Garros en déclarant : « Je voudrais dire au revoir au tennis sur le court. » J’ai apprécié sa qualité de jeu et sa ténacité, son énergie, elle est un beau role model et une leçon de vie.



Khatia Buniatishvili donne un bouquet à une jeune fille de l'orchestre Demos à la fin du gala à la Philarmonie


Jouer activement son rôle de modèle

En musique, la pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili joue avec brio son rôle de modèle. Elle est marraine de l’orchestre Demos de jeunes issus de quartiers prioritaires. Elle parle des enfants avec autant de passion qu’elle joue au piano : « ils tiennent en main un instrument qu’ils garderont ou dont ils se sépareront pour peut-être le retrouver un jour, comme un symbole de partage, d’écoute, de liberté, d’imagination, comme un pont entre passé et présent, présent et futur. »

Lundi dernier, un concert de gala Khatia Buniatishvili & Friends à la Philarmonie a été donné au profit des 5000 enfants de la cinquantaine d’orchestres Demos.


Expertes professionnelles

Leur mental, leur énergie, leur réussite sont des exemples transposables en entreprise. Le milieu professionnel regorge aussi de femmes modèles, mais moins connues, car peu mises en avant dans les médias. Au-delà de Catherine MacGregor, seule femme dirigeante du CAC40 aujourd’hui, à la tête d’Engie, d’autres, il y a beaucoup de femmes role models, à tous les niveaux. Je salue ici le travail accompli par Voxfemina, Les Expertes et 2GAP pour médiatiser des femmes expertes dans leur domaine.

Grâce aux role models, on peut en finir définitivement avec le « complexe de Cendrillon » expliqué par Marie Donzel : les femmes travaillaient bien, en attendant que le prince charmant vienne les chercher.

A une semaine des élections régionales, les femmes politiques sont aussi nécessaires pour la vie démocratique. Mention spéciale à Rama Yade et Najat Vallaud-Belkacem, mes camarades de promotion à Sciences Po.

Les role models n’ont pas de frontière. Elles nous donnent envie de dépasser nos limites.


Christine Calais